Hommage à l'armurier
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Tous, jeunes entrés, au sein de l'atelier,
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Afin d'y manoeuvrer l'agile et fin marteau,
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Imposant sa cadence à l'astucieux burin,
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Dirigés par des maîtres à ne faire que du beau,
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Incrustant or, argent, voire cuivre et même étain,
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En somptueux décors, qui nous laissent rêver.
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Ou bien, tailler le bois, essence de noyer;
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Ajuster la platine à l'aide du ciseau,
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Retoucher une courbe, à la gouge aciérée,
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Avec minutie, en contournant l'étau.
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Découper des tunnels, des portes et des couloirs,
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Où les pièces joueront, merveille du savoir,
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Sinon encore limer, parfaisant l'oeuvre d'art,
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Styliser l'objet, le créer de sa main,
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Chercher l'inspiration, y travailler très tard,
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Ignorant la pendule, fatidique témoin
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De ces heures égrenées; futile chapelet.
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Ces armuriers ouvragent, détachés du moment,
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N'écoutant que leur coeur pour livrer au délai,
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Fidèles à la parole, héritage des temps.
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Si l'amour du métier sait diriger tes doigts,
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Compagon d'aujourd'hui, ce poème est pour toi.
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Maurice Forissier
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